Uzbekistan Transition Looks Calm (In French)

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CAISS Deputy Director Farkhod Aminjonov discussed with Regis Gente from Le Figaro, RFI (Radio France Internationale) for Le Bulletin de L’Industrie Pétrolière stability in Uzbekistan after Karimov’s death, Shavkat Mirziyoyev’s new security policy priorities, and investment climate in the energy sector.

 

 

FARKHOD AMINJONOV, SPÉCIALISTE DE LA SÉCURITÉ ÉNERGÉTIQUE AU CENTRAL ASIA INSTITUTE FOR STRATEGIC STUDIES D’ALMATY, KAZAKHSTAN

Ouzbékistan : la transition s’annonce calme

Une nouvelle page, délicate, s’ouvre en Ouzbékistan avec le décès, annoncé le 2 septembre dernier, du président Islam Karimov, qui dirigeait d’une main de fer la plus peuplée des républiques d’Asie centrale depuis plus d’un quart de siècle. Mais Farkhod Aminjonov, spécialiste de la sécurité énergétique au Central Asia Institute for Strategic Studies d’Almaty, au Kazakhstan, ne voit pas
de signes d’une déstabilisation de ce pays riche en gaz et en pétrole.

La mort d’Islam Karimov peut-elle conduire à une déstabilisation de l’Ouzbékistan ?

Il n’y a pour le moment aucun signe montrant que la disparition d’Islam Karimov pourrait conduire à une déstabilisation interne. C’est ce que beaucoup d’observateurs craignaient ces dernières années mais le pouvoir est parvenu à se donner une image de garant de la paix sociale, plutôt accepté par le peuple comme par les factions régionales. Le déroulement des funérailles a donné l’impression que la transition va bien se passer. Sans doute qu’ensuite, certains réajustements vont se produire au sein de l’élite.

Avec la probable élection du président par intérim, Chavkat Mirzioïev, à la présidentielle du 4 décembre, vous attendez-vous à une politique étrangère plus prorusse ?

Tout indique que la nouvelle direction va conserver la ligne précédente, garder un équilibre entre Russie, États-Unis, Chine…. Certains experts ont vu dans la visite de Vladimir Poutine sur la tombe de M. Karimov, où il s’est affiché avec M. Mirzioïev, le signe d’une relation russo-ouzbèke renforcée. C’est de la pure spéculation. L’Ouzbékistan s’est toujours efforcé d’avoir de bonnes relations avec Moscou sans tomber dans la dépendance politique, économique ou énergétique. Cela continuera ainsi.

Un des plus grands problèmes du pays est l’image désastreuse de son climat d’investissement. M. Mirzioïev est-il en mesure de l’améliorer ?

Au niveau législatif, les efforts sont faits. Une cinquantaine de documents ont été adoptés récemment et une feuille de route pour le développement de l’économie pour les années 2015-2019 guide les pas du gouvernement. Il y a la volonté de moderniser le secteur de l’énergie avec, par exemple, l’introduction de technologies favorisant l’efficacité énergétique, tout en se rendant plus attractif pour les investisseurs. Mais on peut être réservé sur la capacité du nouveau leadership à améliorer les choses, notamment pour les PME étrangères qui doivent faire face

à la corruption, aux problèmes de convertibilité de la monnaie, à l’imprévisibilité du régulateur du secteur énergétique. Je crains que le pouvoir ne change rien à ce niveau-là, car cela bouleverserait trop les choses, pour se concentrer sur le contrôle des actifs énergétiques stratégiques sur la base d’accords bilatéraux avec de grandes compagnies chinoises ou russes.

Les exportations de gaz se sont écroulées, du fait de la crise en Russie et du ralentissement de la croissance chinoise. Comment Tachkent va-t-elle tenter de faire face à cette situation ?

Les achats russes de gaz naturel se sont effondrés, en effet : 1 milliard de mètres cubes l’an passé, contre 15,4 G.m3 en 2009. On parle de 4 G.m3 cette année. Cela tombe très mal pour le Russe Lukoil, qui a investi autour de 5 milliards de dollars dans le gaz ouzbek, ce qui fait de lui le plus gros investisseur étranger dans le secteur énergétique dans le pays. Lukoil prévoit de produire 18 G.m3 de gaz par an d’ici à 2020, soit près d’un tiers de la production nationale. Et je ne vois aucun signe suggérant que Tachkent ait une solution.

Régis Genté

 

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